Campagne contre le travail illégal

Le Snam Idf publie une enquête édifiante sur les conditions d’emploi des musicien·nes dans les bars et petites salles franciliennes. Derrière la vitalité culturelle affichée, la réalité est brutale : précarité généralisée, travail dissimulé et transfert illégal des obligations sociales vers les artistes.
Sur 117 répondant·es, seuls 26 % ont déjà signé un contrat de travail au moins une fois. Beaucoup sont soumis à des montages de co-réalisation ou de cession qui permettent aux lieux de contourner leurs obligations. Plus de 60 % déclarent subir ces pratiques. Ceux qui ne le subissent pas se sont structurés de façon à assumer le rôle du producteur. Ce fonctionnement prive beaucoup de musicien·nes des droits sociaux qui sont pourtant fondamentaux pour tous les travailleur.euses.
Le constat est clair : L’application du droit du travail concerne une minorité de cas : création d’associations de dépannage, rémunérations en dessous des minimas, paiement de charges qui ne leur incombent pas, dépendance aux recettes de billetterie… Le secteur repose sur la capacité des artistes à chercher des financements pour compléter la proposition financière des lieux. Les aides à l’emploi via le Fonpeps se révèlent donc essentielles pour réussir à déclarer tout le monde.
Trois modèles dominent : le travail au noir, la « débrouille », ou une structuration forcée qui épuise les artistes. Dans tous les cas, ce sont les musicien·nes qui portent seuls les risques.
Plus de 80 % des répondant·es n’ont jamais travaillé dans des lieux bénéficiant du GIP Cafés Culture, sachant que les artistes ne sont pas informés si une aide est versée à l’employeur
Cette situation n’est pas une dérive marginale : c’est un système. Et il tient parce qu’il repose sur le silence face au chantage de blacklistage et la nécessité d’interpréter ses compositions et ses répertoires. Un ras-le-bol généralisé pourrait bien finir par briser le silence autour du travail dissimulé.
Le Snam Idf appelle à des mesures immédiates :
•⁠ ⁠Conditionner les aides publiques au respect du droit du travail, et à une obligation de vigilance concernant les contrats de cession et co-réalisation.
•⁠ ⁠Renforcer massivement des fonds pour l’emploi : l’APAJ dans le cadre du « Fonpeps » avec un retour aux critères de 2018.
•⁠ ⁠Organisation de campagnes de vérification du respect du droit du travail par la DRIEETS IDF
•⁠ ⁠Expérimenter un bureau de production public pour sortir les musicien·nes de cette impasse.